29/03-2021 - Anne Gabori : Obésité et perte de poids maternelle préconceptionnelle : effets sur la descendance à terme de gestation et à l’âge adulte

29 - Mars - 2021

LES LUNDIS DE SAINT-ANTOINE

Bâtiment Kourilsky - 13h–14h

Salle des Conférences (Rez de Chaussée),

184 rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris

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LUNDI 29 MARS 2021

 Obésité et perte de poids maternelle préconceptionnelle : effets sur la descendance à terme de gestation et à l’âge adulte

Anne Gabori

Université Paris-Saclay, UVSQ, INRAE, BREED, 78350, Jouy-en-Josas, France

Invitée par Laurent Kappeler (Equipe Netchine) (laurent.kappeler@inserm.fr)

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Selon le concept de DOHaD, l’obésité maternelle peut prédisposer la descendance aux maladies non transmissibles à l’âge adulte. Une perte de poids préconceptionnelle est donc recommandée aux femmes obèses. Mais que cette perte de poids soit bénéfique ou préjudiciable pour la génération suivante reste mal exploré. Nous avons établi un modèle murin afin d’étudier les effets de l’obésité et de la perte de poids maternelle préconceptionnelle sur le développement fœto-placentaire et sur le phénotype de la descendance à long terme, et les mécanismes de la programmation épigénétique qui sous-tendent ces effets. A terme de gestation, les fœtus de mères obèses présentent un risque accru de phénotype petits pour l’âge gestationnel. Le phénotype des fœtus du groupe perte de poids est normalisé. L'expression de 60 gènes de machinerie épigénétique et de 32 gènes métaboliques a été mesurée dans le foie fœtal et le placenta. Nous avons observé une grande sensibilité de l'expression des gènes de la machinerie épigénétique à l'obésité maternelle et en particulier de la voie d'acétylation des histones. Dans le groupe perte de poids, seul un sous-ensemble de ces gènes ont vu leur expression normalisée (Panchenko et al., 2016). Après la naissance, les mâles nés de mère obèse présentant un risque accru de développer une obésité par rapport aux contrôles. La perte de poids préconceptionnelle a permis une normalisation du phénotype métabolique de la progéniture mais a eu un effet inattendu de réduction de la sensibilité olfactive (Panchenko et al., 2019). Enfin, en utilisant la technique non ciblée de LC-HRMS, nous avons étudié le métabolome des descendants mâles adultes dans trois tissus impliqués dans l’homéostasie énergétique : le foie, l’hypothalamus et le bulbe olfactif. L'alimentation maternelle a eu un impact notable sur l'abondance hépatique de deux métabolites. En particulier l'ansérine, dont l'abondance est diminuée en cas d'obésité maternelle et normalisée par une perte de poids préconceptionnelle, quel que soit le régime post-sevrage (Safi-Stibler et al., 2020). En conclusion, à l’âge adulte les descendants de mères obèses sont conditionnés pour une sensibilité accrue au régime obésogène, avec une atteinte plus particulière des mâles. Nos résultats confirment les avantages de la perte de poids maternelle, mais mettent en évidence certains effets indésirables possibles sur les comportements à base olfactive. Cette étude également est la première à identifier un effet de programmation à long terme de l'obésité maternelle préconceptionnelle sur le métabolome de la progéniture.

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